Sur le toit du monde

Le toit du mondeEt nous revoila apres un long d’absence. Merci a ceux qui nous ont envoye des nouvelles par email. Ca fait toujours plaisir d’avoir des commentaires ou des menaces lorsqu’on ne met pas a jour le blog… S’il-vous-plait, continuez! Pour les autres, il n’est pas trop tard pour commencer.

Apres un mois au Tibet, nous avons passe 2 semaines a Kathmandu, au Nepal. La vie y est tres agreable et les gens tres sympas. La meilleure definition qui me vient a l’esprit pour decrire cette ville, c’est une enorme “caverne d’Ali Baba” a ciel ouvert. Apres les restrictions du Tibet, c’est une veritable orgie…

Bon, je reviendrai plus tard sur cette formidable ville. Pour le moment, je vais vous faire saliver avec le Tibet. Comment decrire “en mots” cette region. Une multitude d’ajectifs ci-appliquent: grandiose, majestueux, fantastique, extraordinaire, dement, destabilisant, puissant, fatiguant, usant, dur, magnifique, grand, haut, froid, glacial, poussiereux, merveilleux, emouvant, percutant, mysterieux, …
Comme vous pouvez le constater, les emotions s’entremellent. Il est certain que l’on ne peut rester indifferent devant ce pays qui a beaucoup a donner mais qui demande egalement beaucoup. Une traversee du Tibet n’est pas pour tout le monde.

Notre sejour en Chine, Le Potola, Lhassaou les conditions n’etaient pas toujours faciles, a ete une petite mise en condition pour la suite du voyage. Depuis la Ville de Chengdu, nous avons pris l’avion pour la mythique ville de Lhassa, capitale du Tibet. Les touristes n’y sont autorises que depuis moins de 20 ans. Le temps etait magnique et relativement chaud (22 degre en journee) pour un mois d’octobre et pour une altitude de 3600 metres. Nous y sommes restes 8 jours afin de nous reposer, de nous soigner et pour preparer notre periple. La premiere idee etait de prendre seulement la “Route de l’Amitie” qui relie Lhassa a Kathmandu et qui se fait en 4/5 jours. Cependant, ce n’est pas tous les jours que l’on est sur le toit du monde et il m’etait donc difficile de me contenter de ci-peu, au grand desespoir d’Annie. Donc, nous voila embarques pour une expedition de 3 semaines dans les hauts plateaux tibetains. Il faut dire que c’est un tres vieux reve de jeunesse que je pouvais realiser. Avec mon ami Stephane Guitard, il y a de ca… plus de 20 ans, on parlait deja de cette aventure du bout du monde et des projets que l’on se Pelerinpromettait de realiser.

Durant ces 8 jours, nous nous sommes promenes dans les vieux quartiers ou il regne une animation debordante. Les Tibetains sont tres curieux et vraiment gentils. Les “Tashi Dele”, bonne journee fusaient de toute part. Certains jours, on aurait presque pu se croire a un defile du carnaval. Mais lorsque l’on sort l’appareil photo, tous les enfants du coin rappliquent aussi vite que des souris attirees par une meule de fromage. Ils veulent tous se faire prendre en photo et se regarder dans le petit ecran. Il est plutot rare que quelqu’un refuse de se faire photographier.

Nous avons visite quelques beaux monasteres dont celui de Sera qui surplombe la ville. Les bouddhistes doivent, a chaque jour, faire le “khora” (soit le tour dans le sens des aiguilles d’une montre) du monastere ou sont installes des moulins de priere que l’on fait tourner avec la main droite. La main gauche sert a tenir leur moulin personnel. Pour le khora de Sera, il faut compter au moins une bonne heure. Le perible consiste donc a suivre le mur de l’enceinte, a faire tourner les moulins en invoquant le Bouddha de compassion, a faire le tour des Adorable, non !petits “stupas” ou sont empilles des prieres taillees sur des pierres, de se gratter le dos et les cotes sur un rocher sacre, de faire bruler de l’encens, des herbes et du beurre de yak dans de petites chapelles. Raconte comme ca, c’est plutot amusant, mais sur place on ressent une veritable energie qui s’emane de tous ces gens. A la fin de ce periple, nous sommes alles dans la cantine du coin. Le proprietaire est un amateur de football, il y avait des posters un peu partout dont un – de tres grand format – de Zidane. Comme souvent, on a ete le centre d’interet de la place. Il est parfois difficile de relaxer lorsque tous nos faits et gestes sont observes.

Un des grands moments a Lhassa fut la visite du Potala, l’ancienne residence du Dalai Lama qui a du fuir devant l’invasion Chinoise. C’est un superbe musee ou il y a un nombre impressionnant de policiers. Ce n’etait pas vraiment le moment de faire le pitre. Ils ont un sens de l’humour different du notre…

Notre hotel etait bien tenu, une mention importante dans le recit car il ne fut pas toujours le cas. La Les routes tibetaines salle de bain avait des toilettes a l’occidentale. Qu’est-ce que ce detail vient faire ici?! Eh bien, c’est le point le plus important du recit, vous n’imaginez pas a quel point on est chanceux d’avoir un siege et un espace ferme. La douche ne fonctionnait que de 19h a minuit mais au moins il y avait de l’eau chaude… Vous commencez a comprendre. Les douches n’ont pas d’espace ferme. Il y a une pomme de douche simplement accrochee au mur, ce qui innonde passablement la place. Mais le supreme avantage, c’est que l’on peut s’asseoir sur les toilettes et profiter pleinement et LONGUEMENT… de la douche avec, en prime, les pieds qui trempent dans une bassine. Quel bonheur!!!

Nos 8 jours se sont ecoules dans cette ambiance “bonenfant”. Les choses serieuses ont commence le jour de notre depart pour notre expedition: 21 jours, 4000 km de pistes souvent en mauvais etat, des altitudes comprises entre 4600 et 5200 metres, des ecarts climatiques importants, de la nourriture… pas tres variee et peu attrayante, des hotels sans chauffage ni eau chaude, quelques guests houses avec des poeles fonctionnant a la bouse de yak ou de mouton, du vent, de la neige, Moulin a prieresde la poussiere, des toilettes a la turque et des paysages hors du commun.

Le groupe etait compose des 5 copains quebecois, de 2 chauffeurs et d’un guide tibetain qui parlait francais. Nous avions prevu tout le materiel de camping car il etait question de faire au moins 10 nuits sous la tente. Les belles temperatures ne nous ont pas encourage a tenter l’aventure. Les premiers jours se sont passes sur la route de l’amitie ou l’on a viste de superbes monasteres. On a egalement assiste a des ceremonies dont celle des “bonnets jaunes”, l’une des 4 grandes familles du bouddhisme. Depuis 1989, date du soulevement des moines, les temples sont soumis a un controle assez strict. Les Chinois ont impose des quotats limitant le nombre de residents. Ceux qui veulent devenir moines doivent soumettre une demande aux autorites Chinoises qui vont verifier si ce dernier n’a pas un de ses parents qui est egalement moine en Inde (c’est-a-dire… qui peut etre en contact avec le Dalai Lama). De plus, les monasteres sont devenus des unites de travail qui doivent etre rentables. Donc les entrees et les photos sont payantes. De plus, dans certains monasteres, les moines recoivent un Monastere du Serasalaire du gouvernement; ce qui en fait des fonctionnaires. Il y a donc beaucoup de jeunes qui n’ont vraiment pas la vocation. Ca fait souvent de droles d’ambiances.

Apres 4 jours, nous avons bifurque sur la “Route du Nord” et reellement commence notre periple. Les payages sont d’une rare beaute. De grandes plaines entourees de montagnes vertigineuses avec leurs pics enneiges, des sources d’eau chaude, des lacs aux eaux crystallines,… Etonnamment, la faune est relativement abondante dans ces altitudes elevees. Nous avons eu la chance de voir une quantite assez importante de gazelles, de chevaux et de yaks sauvages, d’aigles enormes, de lievres, de renards, de lemmings, de corbeaux et corneilles gigantesques. Il ne manque que les loups a notre palmares.

Il nous a fallu a peu pres 8 jours pour relier la route du sud a Ali, la capitale du nord Tibet. Nous avons traverse des petites villes relativement nouvelles, sans ames, construites sur le modele chinois ou les hotels sont des plus sinistres. La facade est a peu pres correcte mais l’interieur est construit a la hate, ce qui fait que tout -pardonnez moi l’expression, mais c’est le cas- part en couille. Le souvenir de ces Livraison de viandehotels: ils sont moches, inconfortables, tres froids, il faut se battre avec le personnel, a chaque soir, pour avoir de l’eau chaude dans la douche et le service est des plus desinvolte.

Les villages tibetains sont bien plus sympatiques meme s’ils sont souvent tres sales. La chaleur humaine compense pour le reste. Les chambres des refuges et guests houses sont tres simples. Des posters ou des tentures de tissus sur les murs. De temps en temps, il y a un poele pour rechauffer l’ambiance. L’inconvenient, ce n’est pas de prendre la merde de yak avec les mains, c’est qu’il faut en remettre a toutes les 10 minutes et que ca fait souvent une fumee epouvantable. Donc, c’est pratique lorsque l’on se couche, mais la temperature redescend rapidement. En altitude, on boit enormement, ce qui fait aller aux toilettes. Donc, en pleine nuit, il faut se lever 1 a 2 fois. Dans la chambre, il devait faire au-dessus de 0 mais dehors…, car les toilettes -quand il y en a- sont dehors, il faisait souvent -10 degre voire -20. Ce sont des conditions de camping d’hiver. Une sortie nocturne prend au minimum une demi-heure car il faut se decider, rechauffer Monastere de Serales vetements, s’habiller dans un sleeping momie, sortir…, faire ce que la nature nous ordonne, revenir dans la chambe sans reveiller tout le monde et faire l’operation inverse avec, en plus, l’option de se rechauffer. C’est epuisant. Certaines toilettes n’ont pas de toit, ce qui permet d’admirer le paysage. Lorsque je parle de toilettes, c’est juste un trou a travers le plancher avec, en prime, un petit vent qui vient nous chatouiller l’arriere train.

Dans plusieurs villages, il n’y a pas de toilettes. Il faut donc trouver un coin tranquille et peu venteux derriere les maisons ou dans les champs. Il n’est pas rare de voir les gens s’arreter en pleine rue et faire leurs besoins (hommes et femmes).

Avec ces ecarts de temperatures et la fumee des poele, je me suis tape une pneumonie. A 5000 metres d’altitude, ce n’est pas des plus marrant. J’ai donc eu la chance de visiter l’hopital chinois d’Ali. Lorsque l’on est arrive devant la porte d’entree, il y avait des taches de sang un peu partout. Les couloirs et les salles d’exam ne sont pas chauffees. Les medecins et infirmiers travaillent avec leur manteau et tout le monde fume. Alors, lorsqu’il Lac Yamdrocka fait son diagnostic, il voulait me garder 3 jours sous perfusion. Imaginez la tete que j’ai faite! Apres negociation, j’ai pu avoir des antibiotiques. Fini les folles joutes de aki et la randonnee au Mont Kailash.

Une des grandes etapes devait etre Kailsah et en faire le khora pendant 3 jours. Cette montagne est la plus sacree pour les bouddhistes et les hindous. Ils doivent au moins faire un pelerinage dans leur vie. Le tour fait 53 km. Plusieurs le font en une journee, a raison d’un tour par jour, pendant 13 jours. Le must, c’est de le faire en se prosternant. L’objectif est de cumuler des points afin qu’au moment de leur mort, le Bouddha de compassion les retire de l’enfer plus rapidement.

Nous avons donc attendu pendant que les copains ont fait leur khora. La ville de Darchen, d’ou partent les pelerins est d’une salete sans egal. Il ya des detritus partout dans la ville. C’est un comble pour la ville qui est censee etre au pied du centre de monde. Apres plusieurs jours, nous avons trouve une douche publique. Comme il n’y a pas d’electricite et d’eau courrante, ca complique le prossessus. D’abord, il Lac Yamdrockfaut partir la generatrice pour pomper l’eau de la riviere, puis il faut remplir les reservoirs qui sont sur le toit. Apres, il faut monter sur le toit pour verifier le niveau de l’eau. Une fois que le niveau est satisfaisant, on ouvre les bombonnes de gaz et on allume le chauffe-eau. Le plus complexe reste a faire, soit se deshabiller (car il fait froid)et faire regler, par la proprietaire, la temperature car il n’y a pas de robinet dans la douche. C’est toute une aventure mais encore la, c’est un moment tant attendu et combien delicieux!

Le soir, tous les touristes se retrouvaient dans le meilleur resto tibetain du coin. Il y avait une bonne ambiance et les contacts faciles. On y a rencontre des gens extraordinnaires qui traversaient le Tibet en velo. Nicolai, un danois, est parti de Copehage. Il est passe par le Pakistan avant d’arriver dans les grandes etendues desertiques. Il compte traverser toute l’Asie et continuer sur le continent americain. Un voyage de plus de 2 ans et demi. Rich, un tcheq vivant a New York, a fait, cette annee, plus de 10,000 km en velo.

Cinq jours d’attente dans ce village paradisiaque Lac Yamdrocknous a mis les nerfs a rude epreuve. Il etait temps de continuer notre periple. Plus d’une fois nous avons reve a la Thailande avec ses plages, ses eaux turquoise, sa douce chaleur, sa bonne nourriture, la plongee sous marine, les cocotiers, …

Le temps filant, nous avons profite de meilleures conditions de route pour faire 500 km d’un trait. Notre dernier objectif et non le moindre, le “Camps de Base de l’Everest”. Nous nous sommes arretes dans un petit bled du nom de Saga afin de reprendre des forces. Le 31 octobre etant une date importante, nous avons fete, a notre maniere, l’Halloween. On a donc fait nos courses afin d’offrir a cette ville de garnison un peu d’action. Les commercants ne comprenant pas vraiment nos choix vestimentaires: tee-shirt jaune moulant, petite veste sans-manche, tresse, collant voyant, … Le soir, l’action a commence dans les couloirs de l’hotel. Tout le presonnel de l’hotel a du defiler dans nos chambres pour nous voir. Le theme: travestis, obsede sexuel et filles extravagantes. Si vous vous posez la question, eh oui! c’etait bien moi l’obsede. J’avais accentue, a l’aide d’un bonnet, le haut du pantalon, ce qui donnait une bosse enorme, Bouddhaspire que les “Village People”. Pour accentuer le tout, j’avais place ma petite lampe frontale a l’interieur sur le mode clignotement afin de bien attirer l’attention. Annie etait deguisee en petite fille sage avec un string bien apparant. L’effet a ete radical au restaurant. Au debut, les serveuses etaient plutot genees. Mais au bout d’une heure, elles sont devenues presque hysteriques, se jetant sur Sebastien alias Natasha afin de toucher ses faux seins. Avec ma protuberance, elles me fuyaient en criant. Sylvain, avec son tee-shirt jaune fluo moulant et son chapeau de cowboy, courait apres tout ce qui bougeait, y compris les clients et les policiers chinois. Nous avons fini la soiree dans une discotheque ou l’on a vole la vedette aux filles qui devaient faire un spectacle de danse traditionnelle tibetaine. Je vous pris de croire que danser a plus de 4500 metres d’altitude, c’etait du sport.

Apres avoir rejoint la ville de Dingri, nous sommes partis pour une randonnee hors route de plus de 4 heures. Comme les permis coutent tres chers, nous n’avons pris qu’une jeep et 2 volontaires se sont assis dans le coffre. Des rotations toutes les 50 minutes ont ete realisees. Ma portion Un protecteura ete si genereuse que j’ai tenu un gros 30 minutes. Une minute de plus et “je call..ais Hugue dans le grand telephone blanc”. Apres une traversee epique dans les montagnes, nous sommes arrives au monastere de Kumpu, point de depart pour le camps de base. Il y avait pas mal de nuages mais on a eu la chance d’entrevoir le sommet a plusieurs reprises . Quelle beaute !!! 8848 metres. Le camps de base est par lui-meme tres decevant. Il n’y a aucune maison, a l’exception des toilettes et d’un minuscule bureau de poste. Sur un petit monticule surplombant le camp, j’ai installe mes drapeaux de prieres en vous les dediant, mes chers parents et amis. Je vous ai souhaite la chance, le bonheur et la sante. Mes pensees ont ete pour vous en ce lieu et en cet instant magique. Quoi de mieux que le toit du monde ! Malgre un froid mordant et un vent puissant, nous avons passe de longs moments a contempler ce geant, ce mythe. A 5200 metres, les conditions n’etaient deja pas faciles, je n’ose imaginer ce que cela devait etre au sommet !

L’expedition, apres cette derniere aventure tirait sur sa fin. Nous avons pris la Route de l’Amitie, en direction du Nepal. On a traverse une derniere fois la chaine Himalayenne avec un beau petit col a 5250 metres. La descente a ete ponctuee de differentes emotions. Nous avons eu un soleil magnifique jusqu’a 4000m ou l’on a subi une belle tempete de neige. La route etant sinueuse et non goudronnee, la conduite s’avera plus hasardeuse. D’un cote la montagne, de l’autre, un precipice vertigineux. On a eu a quelques frissons dans le dos. Arrives dans les 3000 metres, on a enfin pu revoir de la vegetation, absente depuis plus d’un mois. Quelle sensation agreable que de sentir l’odeur de la terre et de la foret.

Apres le Tibet, nous voila finalement arrives au Nepal. Il y a une grosse difference entre les douaniers Chinois et leur air strict et le sourire des Nepalais. C’est avec beaucoup d’euphorie que nous avons traverse la ligne rouge de la frontiere.

Actuellement, nous coulons des jours heureux au Lac de Pokara, qui se situe au pied de la chaine des Annapurnas. Dans 3 jours, on ira jouer les Indiana Jones dans la Reserve naturelle de Bardia a la recherche du tigre Masques de ceremoniesdu Bangal. Vous en saurez plus la prochaine fois.

Bon des ennuis techniques nous empeche de mettre au complet nos photos. Donc voici une premiere etape. Vous recevrez le reste lorsque nous serons en Inde.

Grosses Bises,
Les aventuriers du Tibet perdu

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